« C’est une course copieuse »

Drôle d’ambiance aujourd’hui sur le ponton Vendée Globe. A 24 heures du départ de la Vendée Arctique Les Sables d’Olonne, La Mie Câline – Artisans Artipôle a quitté le ponton entouré d’une bande d’irréductibles supporters. Pas de grand public donc pour cette course qui a choisi la discrétion afin de respecter des consignes sanitaires strictes
 
Masque sur le nez, Arnaud a répondu aux applaudissements en respectant cette fameuse distanciation sociale. Quelques minutes plus tôt, lui et son équipe s’étaient prêtés à un test PCR permettant de s’assurer que personne au sein de la flotte ne prenne le départ avec une infection au COVID 19. Les résultats de ces tests seront connus demain matin.
 
Passées ces règles sanitaires inédites, la course reprend ses droits car la Vendée Arctique Les Sables d’Olonne est avant tout la course préparatoire au Vendée Globe avec un parcours XXL et un plateau très relevé. « C’est une course copieuse, une course longue. C’est une vraie bonne opportunité, quel que soit le résultat. Il y aura ceux qui auront pris le départ de cette course et ceux qui ne l’auront pas pris » résume le skipper de La Mie Câline – Artisans Artipôle.
 
Cette nuit, Arnaud et son équipe vont naviguer au large de la Vendée. C’est demain, à partir de 15h00 que l’équipe technique quittera le bord pour permettre à Arnaud de partir en solitaire. Le départ de la Vendée Arctique Les Sables d’Olonne sera donné à 15h30.

Arnaud Boissières :
« On sort 24h00 avant le départ, on va en profiter pour faire des essais de voile. On va aller vers le Sud pour croiser Yannick Bestaven qui vient de La Rochelle et faire route avec lui. Ensuite, on fera voilure réduite, je vais dormir pendant que JC et Vincent (les préparateurs) s’occuperont du bateau. Demain matin, on se mettra en route tout doucement. Le départ est tard mais il fera beau avec des conditions clémentes. Pour le moral et la sécurité, c’est quand même bien. Après, on va faire un long bord le long de la Bretagne. Le programme est comme évoqué, c’est un peu inhabituel mais plutôt sympa. 
 
Ce qui m’intéresse, c’est de voir l’évolution du bateau avec ce qu’on a fait. La première nuit sera très intéressante en termes de speed test avec mes concurrents directs. Il y a toujours du danger sur la première nuit. C’est du vent d’Ouest – Sud – Ouest donc c’est un bord qui nous rapproche de la côte. Il y a des casiers, des bateaux de pêche, des bateaux de plaisance. On ne va pas dormir du tout. Après, on traverse la Manche et on arrive en Mer d’Irlande, c’est donc très peu de sommeil pendant les 48 premières heures. Après, il faudra avoir l’œil vif pour mettre les bons virements de bord au bon moment.
 
Je ne m’attendais pas à prendre un jour un départ de course dans ces conditions mais personne ne s’attendait à vivre ce qu’on a vécu ces derniers mois. Je trouve que c’est une chance extraordinaire que l’on a d’avoir une vraie course d’avant-saison. C’est une course copieuse, une course longue. C’est une vraie bonne opportunité, quel que soit le résultat. Il y aura ceux qui auront pris le départ de cette course et ceux qui ne l’auront pas pris. Ça sera un atout pour être encore un peu plus serein avant le Vendée Globe. Être prêt aujourd’hui, ça a été un défi sportif. Ça a été un grand sprint et, de ce côté-là, c’est une réussite. L’originalité, c’est qu’on va en Islande donc on va plus nord que le Cap Horn n’est au sud. C’est original, on va avoir froid.
 
On va avoir du près, du près appuyé, un peu de reaching, et du près entre l’Angleterre et l’Irlande et quelques virements de bord. On a beaucoup de près dans les premiers jours mais dans des conditions clémentes. Ça reste maniable mais il y a de la mer. »

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By matthieu@sillages-communication.com / Administrator on Juil 03, 2020