« C’est du costaud le Xavier Macaire »

C’est à plus de 20 nœuds que La Mie Câline – Artisans Artipôle a franchi aujourd’hui le tropique du Cancer, en 21ème position. Après 8 jours de course, le monocoque profite des alizés pour faire une route directe – et rapide – vers l’équateur et le fameux Pot au Noir. La nuit dernière, le bateau s’est pourtant transformé en infirmerie de campagne. Xavier Macaire, balloté par les mouvements du voilier a heurté la casquette avec sa tête. Dans la violence du choc, l’arcade sourcilière s’est ouverte et Arnaud a suturé la plaie avec un strip. « Ca saignait mais Xavier n’était pas du tout assommé. C’est du costaud le Xavier Macaire ! » explique Boissières qui s’est découvert des talents d’infirmier.

Une fois la trousse à pharmacie rangée, la course a vite repris ses droits puisqu’il faut maintenant trouver la meilleure porte d’entrée dans le Pot Au Noir. Cette zone météorologique, située près de l’équateur, est connue pour ses pièges faits d’orages violents et de vents calmes. L’enjeu est donc de passer là où il est le moins actif pour profiter au plus vite des alizés dans l’hémisphère sud. Arnaud et Xavier évoluent au sein d’une groupe de 6 bateaux séparés d’une trentaine de milles seulement.

A l’avant de la flotte, le Charal de Jérémie Beyou est toujours en tête et creuse son avance. On déplore en revanche l’abandon d’Hugo Boss, l’un des favoris. Alex Thomson et Neil MacDonald ont dû abandonner suite à une avarie de quille.

Message du bord :
« Ça accélère à bord ! Les compteurs s’affolent avec des vitesses en permanence au-dessus de 20 nœuds. Le bateau devient bruyant et très inconfortable. En plus, la mer a forci et est légèrement croisée.

C’est le rodéo et en plus, cette nuit, j’ai dû jouer aux ambulanciers. Xavier s’est cogné la tête sur la casquette extérieure. « Aie, Arnaud, je crois que ça saigne ! » Effectivement, ça saignait mais Xavier n’a pas du tout été assommé. C’est du costaud le Xavier Macaire ! Je suis allé chercher la trousse à pharmacie. J’ai enfilé ma tenue d’infirmière nocturne, dans un bateau de course lancé à 20 nœuds. On nettoie, on désinfecte, on attend que le sang s’arrête de couler et on colle un strip (points autocollants, ndr). Même pas mal, voilà c’est fait ! Certes, ce n’est pas très jojo mais, au petit matin, ça a l’air efficace et il va repartir avec un petit souvenir de la transat !

Ça bouge beaucoup à bord et même se faire un café reste un exercice périlleux. Cette nuit, on a fait des quarts réguliers mais celui qui est à l’intérieur n’arrive même pas à dormir. On file vers le sud, dans un groupe de six bateaux. On garde un œil sur les multi 50 qui sont en train d’attaquer le pot au noir. On y sera mercredi, ça va arriver vite.

On croise nos premiers poissons volants et on voit passer quelques cargos à l’AIS (radar, ndr) mais, impossible de sortir la tête du bateau trop longtemps sans se prendre une vague. Bref, ça tartine à bord ! »

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By matthieu@sillages-communication.com / Administrator on Nov 03, 2019